Vendredi 4 mars 2022, 14h. La course à Las Vegas.
Aujourd’hui, en cours de géographie, la prof a dit qu’on allait faire une course à Las Vegas. Le premier arrivé a gagné. Nous on s’est tous regardés parce qu’on a pas compris, vu que Las Vegas c’est quand même super loin. En vrai je sais même pas où c’est à part que c’est dans le désert. La prof quand elle a vu nos têtes elle a rigolé et elle a dit que c’était un jeu bien sûr, et qu’on allait faire comme le jeu qui est à la télé, « Express quelque chose » mais en mode jeu de cartes.
Et là elle a dit : « Les règles sont simples : vous vous mettez par groupe et vous venez prendre une carte pour connaître votre ville de départ. Si vous êtes joueur vous pouvez aussi prendre une carte chance. Au top départ ça commence. Mais attention hein c’est pas juste une course de vitesse. C’est celui qui arrive le plus vite et en ayant le moins consommé qui a gagné ! ». Si elle a précisé ça à mon avis c’est à cause de Mattéo qui a des goûts de luxe et que ça gênerait pas de prendre le taxi ou un jet privé. Et elle a continué en disant que pour nous aider on pouvait utiliser l’application « trajet-facile » sur nos téléphones et tous les sites de navigation en ligne qu’on voulait.
Avec Nico et Lilou on s’est mis ensemble parce qu’on aime bien et on s’est dépêchés d’aller au bureau de la prof pour être les premiers et on a tiré une carte qui part de Rodez. Et comme on est joueurs, on a pris une carte chance. On a eu raison, parce qu’on a eu une promotion exceptionnelle de 10% sur les billets d’avion.
Lola, Biri et Mehdi eux ils ont eu la carte de Marseille et ils n’ont pas voulu la carte chance. Pas comme le groupe de Mattéo que ça a retardé de 2 heures à cause d’un accident mécanique (dommage 😉).
Mais on n’a pas trop discuté parce qu’on n’avait pas le temps, surtout qu’on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de vol direct Rodez / Las Vegas et que du coup il allait falloir passer par Roissy et que Roissy c’est super galère pour y aller depuis Rodez il faut prendre un train très long jusqu’à Paris et ensuite quand on est à la gare c’est pas fini il faut encore prendre le métro et le RER. Quand on est arrivé à l’aéroport on était déjà super fatigués et il nous restait encore tout le chemin à faire pour aller à Las Vegas et là on s’est rendu compte qu’il y avait pas de vol direct Roissy Las Vegas non plus ! Heureusement on a trouvé un vol avec une escale pas trop longue à New-York JFK.
Ce qui est bizarre c’est que le groupe de Lola, Titi et Malo ils sont arrivés avant nous alors que normalement Marseille c’est plus loin de Roissy que Rodez. C’est Nico qui aime bien tout calculer qui l’a remarqué : 125 kms c’est pas rien ça aurait dû nous donner une petite avance. Sauf que ce qu’on savait pas c’est qu’ils étaient doublement avantagés parce que de un à Marseille ils ont le TGV et de deux ils sont pas obligés de passer par Paris parce que le TGV va direct à Roissy !
Le groupe de Bismou par contre ils nous ont fait rire parce qu’ils ont fait tout à l’envers. Ils sont passés par Moscou et ensuite ils ont continué vers l’Est, résultat ils ont mis 46h ! La prof a dit de pas se moquer parce que la Terre est ronde et donc que c’était pas forcément bête mais que là c’était bizarre quand même et qu’ils auraient dû réfléchir avant parce que ça doublait le nombre de kilomètres. Et puis la prof leur a demandé s’ils étaient sûrs de pas avoir oublié une escale parce qu’entre Moscou et Las Vegas en passant par l’Est ils auraient jamais assez d’essence. Nico ça se voyait qu’il faisait plein de calculs dans sa tête en écoutant la prof et il a commencé à dire que si on considère qu’il y a à vol d’oiseau 15 000 kms entre Moscou et Tokyo et qu’un avion n’a pas une autonomie supérieure à 14 500 kms et qu’il fallait je sais plus combien de kilomètres pour survoler le Pacifique alors on pouvait considérer avec certitude que ce n’était pas possible. Le groupe de Bismou ça se voyait qu’ils étaient énervés quand il a dit ça et ils ont dit qu’ils allaient revoir leurs calculs. Ils étaient dégoûtés d’avoir perdu alors que normalement ils auraient dû être avantagés, vu qu’ils partaient de Paris et qu’ils avaient l’aéroport juste à côté.
Au final en comparant nos résultats on a vu qu’on avait un point commun c’est qu’on était tous passés par Roissy, sauf un groupe qui avait tiré la carte « passage par Roissy impossible » et qui est passé par Heathrow à Londres.
Et après on a vu qu’on avait un peu tous fait des escales dans les mêmes endroits à JFK à New-York ou à LAX à Los Angeles. Et ceux qui ont gagné, c’était un groupe qui partait de Paris comme le groupe de Bismou sauf qu’ils ont été plus malins parce qu’ils ont sauté dans le premier avion qui allait à Los Angeles. En tout ils ont mis 19h, et ils ont dépensé 3670 T de C02 et 821 euros.
A la fin la prof elle nous a expliqué qu’elle nous avait fait faire tout ça justement pour qu’on comprenne que l’espace n’est pas lisse (c’est l’expression d’un géographe apparemment, Jacques Lévy). Ça veut dire qu’on ne peut pas se rendre directement d’un point A à un point B. Il faut faire des étapes. Et Roissy, c’est une étape incontournable quand on veut se rendre depuis la France à l’étranger, même si bien sûr on peut aussi passer par des aéroports voisins comme le groupe qui est passé par Heathrow à Londres. C’est ce qu’on appelle des hubs.
Un
hub, c’est un peu comme une porte qui serait magique : vous arrivez à
Roissy vous êtes en France, vous quittez Roissy vous êtes déjà – presque – à
10 000 kms plus loin. C’est pour ça d’ailleurs que ça s’appelle un
aéro-port.
Et en même temps, un hub ça doit agir comme un aimant. Il faut que les gens ne puissent pas faire autrement que de passer par là. C’est pour ça que les pays sont prêts à investir beaucoup pour attirer les voyageurs et à faire de gros aménagements. Ils développent ce qu’ils appellent des plateformes multimodales. Ça veut dire que pour s’y rendre on peut utiliser plein de modes de transport différents, pour que tout le monde puisse y accéder, pour ceux qui habitent loin et pour ceux qui habitent à côté.
A Roissy par exemple, il y a des RER, des parkings pour les voitures qui viennent des autoroutes, des gares pour les TGV comme a fait le groupe de Lola, Titi et Malo, direct Marseille – Roissy, sans passer par Paris. La prof a dit que ça permet d’éviter les ruptures de charge. C’est comme à Eurodisney, la dernière fois mon cousin il habite à Lille et il est arrivé direct à Marne-La-Vallée.
Mais quand même nous dit la prof, même si les pays sont en concurrence pour que leur aéroport soit le plus attirant possible, comme un aimant, ils mettent aussi en place des complémentarités. Par exemple, Roissy et Heathrow ils se sont mis d’accord pour se partager le monde, en mode « moi je fais les vols directs vers telle partie du monde et toi telle partie du monde ». C’est pour ça que depuis Heathrow, on peut aller directement à Las Vegas.
A la fin, on a fait un croquis pour tout résumer. On y a mis des portes, des petites et des grandes, des aimants, des routes, des aéroports, des villes, et puis des océans, des aménagements, des concurrences et des complémentarités.
Et puis on a réfléchi à un truc aussi c’est que les portes des fois elles se ferment. La prof elle nous a dit que par exemple, avec la pandémie de la Covid, les portes elles s’étaient fermées d’un coup, et qu’il y avait des gens qui réfléchissaient pour trouver des solutions, comme un passeport vert ou un pass sanitaire pour que les gens puissent se remettre à circuler, mais que ça posait plein de questions sur la liberté des personnes, et que ça c’est quelque chose qu’on verrait en cours d’Enseignement Moral et Civique.
Et ensuite elle a dit que maintenant, il fallait que tout ça ça nous avait permis de comprendre les mots de hub et de plateforme multimodale, et aussi d’aborder ceux d’enclavement, d’aménagement, de compétitivité et qu’on allait beaucoup s’en resservir, et que ça nous permettrait de comprendre un mot très important, la mondialisation. Elle a dit aussi que la prochaine fois on verrait un autre hub, le port du Havre et que comme ça on pourrait vérifier si on a bien compris. Et puis elle a dit aussi que le port du Havre nous réservait des surprises.Et juste avant que ça sonne, elle a dit que ce cours elle l’aimait beaucoup, et qu’elle l’avait même raconté dans un article qu’elle a écrit avec une collègue et qu’elle nous expliquerait peut-être une autre fois. Et qu’on en ferait d’autres des cours comme ça mais pas tout le temps non plus.
Prochain cours le :

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